Le bâtiment existant, « Les Lilas », avec sa géométrie distincte, est conservé tel un bloc erratique. La perturbation de la « forme pure » crée une identité, notamment à l’entrée de la nouvelle clinique, où la différence de géométrie donne lieu à une grande place couverte plutôt qu’à une simple porte avec sas. « Les Lilas » reste également visible dans le grand jardin, offrant une terrasse aux chambres situées à l’étage supérieur. Le bâtiment achève l’axe, tout en permettant, grâce à la topographie en pente, un passage vers l’hôpital gériatrique Les Trois Chênes, sur les anciens chemins pour ainsi dire.
La généreuse place devant l’entrée principale, en partie minéralisée et en partie végétalisée, constitue un lieu de vie en connexion avec le reste du campus.
Architecture et Paysage
L’ensemble, principalement composé de deux étages et doté d’une façade en bois animée de coursives, présente un caractère davantage résidentiel qu’institutionnel. Vu d’en haut, on aperçoit un grand bâtiment avec des cours intérieures. En se promenant autour, on remarque qu’il s’adapte avec précision à la topographie en pente et aux espaces paysagers environnants. Au sud, la structure pavillonnaire présente sur les autres côtés laisse place à une grande maison de trois étages avec un toit à pignon symétrique, profitant de la pente du terrain à cet endroit. L’espace le plus dégagé est encadré par le bâtiment, qui s’oriente vers les majestueux arbres délimitant la propriété.
De beaux groupes d’arbres protégés sont situés à proximité de la maison et sont enrichis par une végétation supplémentaire ainsi que par de nouveaux arbres. Cela génère, dans le jardin central et autour de la clinique, une série d’espaces verts à petite échelle répondant aux différents résidents et usagers derrière la façade. Ces espaces offrent calme et sécurité tout en permettant d’entrer en contact avec le monde extérieur.
La légère surélévation du sol, déjà présente dans le bâtiment existant, procure également de l’intimité aux chambres des patients sans les isoler de leur environnement.
La préservation du bâtiment existant entraîne une légère surélévation de l’ensemble de la clinique par rapport au terrain naturel, limitant les travaux de terrassement à un sous-sol entièrement excavé et réduisant considérablement les déblais.
Les façades reflètent les différentes fonctions qu’elles abritent. Les dimensions des surfaces vitrées, les formes des fenêtres et des portes, ainsi que l’emplacement de l’enveloppe climatique varient et structurent ce bâtiment qui semble long à première vue. Il paraît particulièrement léger aux angles, où sont situés les espaces communs.
Durabilité
Le bâtiment existant « Les Lilas » est conservé. Ce choix relève à la fois d’une intention architecturale et d’une démarche durable. Plutôt qu’un remplacement complet, il suffit d’améliorer l’enveloppe thermique grâce à des vitrages plus performants, une isolation renforcée et une toiture adaptée. La conservation et la transformation de l’ouvrage représentent un avantage net en matière d’empreinte carbone et de gestion des ressources.
Dans une logique de construction réversible (« design for disassembly »), le recours à une structure en bois, ou hybride associant bois, béton et terre crue, est privilégié. Pour la ventilation, un système hybride est envisagé. Une ventilation mécanique traditionnelle assure le renouvellement de l’air dans les espaces communs. Dans les chambres des patients, des solutions low-tech pourraient être étudiées, telles que des systèmes indépendants ou le transfert d’air naturel, afin de garantir une qualité d’air adaptée tout en réduisant l’impact en matière de gestion et de consommation énergétique.
Une grande partie des façades bénéficie d’une protection solaire passive grâce aux balcons filants, complétée par des éléments mobiles tels que des stores. Un vitrage mesuré établit un équilibre entre lumière naturelle et efficacité énergétique, tout en conservant une échelle humaine pour le bâtiment. L’aménagement intérieur mise sur des matériaux naturels à faibles émissions favorisant un climat ambiant sain. La lumière du jour est dirigée de manière ciblée afin de réduire l’éclairage artificiel et d’améliorer la qualité de vie. Des mesures acoustiques utilisant des matériaux durables garantissent calme et repos. Les cours intérieures, les plantations et les vues sur les espaces verts contribuent au bien-être des utilisateurs. Les vastes espaces paysagers favorisent la biodiversité et créent des lieux extérieurs attrayants. Les plantes indigènes augmentent la résilience climatique et réduisent les besoins d’entretien.
Le bâtiment vise une autonomie énergétique maximale tout en restant interconnectable au réseau du campus afin de créer des synergies (CAD basse température). La chaleur et le froid proviennent principalement de la géothermie et du geo-cooling, couvrant une grande partie des besoins de rafraîchissement avec une consommation minimale. Des systèmes de commande intelligents régulent la ventilation, l’ombrage et l’éclairage afin de minimiser les besoins énergétiques. Des solutions de stockage saisonnier permettent d’utiliser les excédents de chaleur ou de froid et augmentent la résilience du bâtiment.
Les rejets de froid issus de la production d’ECS ou du chauffage sont réutilisés pour le rafraîchissement, ce qui améliore encore le rendement global et réduit les consommations. La surface généreuse du toit sert à collecter l’eau pluviale, utilisée ensuite pour l’arrosage des jardins et des cours intérieures. Cette stratégie renforce les cycles naturels et contribue à la préservation des ressources.
Les espaces verts favorisent la biodiversité et créent des espaces extérieurs attrayants. Les plantes indigènes augmentent la résilience climatique et réduisent les besoins d’entretien. Des éléments supplémentaires, tels que des sites de nidification pour les oiseaux et les insectes, contribuent à la diversité écologique.
Organisation Interne
Les espaces communs sont stratégiquement placés dans l’ensemble du complexe ainsi qu’au sein des unités résidentielles afin de favoriser les interactions entre les patients qui le souhaitent. Autour de la grande cour intérieure se trouvent l’entrée, le café, la bibliothèque et, au sous-sol, la salle de sport qui bénéficie de la lumière naturelle grâce à la topographie.
L’accès aux unités de soins se fait depuis le centre, côté jardin, à l’exception de l’UPDM, installée dans le bâtiment existant, en haut du jardin central, et disposant de son propre jardin. L’unité SSP est située tout en bas, côté forêt, au rez-de-jardin. Les six autres stations se trouvent au rez-de-chaussée ou au premier étage. Elles sont organisées par paires en L ou en U, toutes avec la possibilité de séparer les soins intensifs. Cette configuration permet de limiter la longueur des couloirs. Les espaces communs, qui disposent de leurs propres terrasses, sont situés dans les angles. Nous proposons également des balcons individuels pour les chambres des patients, bien que le programme ne précise pas explicitement si cela est souhaité.
Les bureaux, appelés « espaces médicaux », sont localisés de manière centrale, au-dessus des unités de soins, sous le grand toit, autour des cours intérieures et avec vue sur la forêt.