281 ARTEM – QUARTIER HAUSSONVILLE-BLANDAN

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ARTEM – Quartier Haussonville-Blandan
Nancy, France
Competition 2006

Le projet ARTEM contient l’idée qu’une rencontre des savoirs peut générer une concentration urbaine et un effet de centralité. Nous nous sommes emparés de cette idée. Nous proposons d’édifier sur le site d’Haussonville un premier bâtiment, à grande échelle, qui constitue un véritable environnement public. En rassemblant l’Ecole des Mines, l’Institut Jean Lamour et des services partagés, le bâtiment crée une première liaison entre deux institutions d’enseignement et de recherche, mais aussi entre deux points d’accès au site, la place de Padoue et la place du marché d’Haussonville.

Plutôt que de répartir dans un site paysagé des bâtiments affectés à des fonctions techniques et institutionnelles séparées (selon le modèle du campus), nous proposons une forme architecturale unitaire et articulée qui génère un site urbain, à la fois monumental et ouvert. Les deux écoles affirment leur identité propre dans une forme commune. Les espaces intermédiaires, les lieux de rencontre et de convivialité font partie intégrante d’un ensemble qui connaîtra un usage élargi lorsque les trois autres écoles auront été implantées. Dans l’immédiat, le bâtiment peut déjà être investi partiellement par les habitants du quartier et les visiteurs du parc. Cette accessibilité est favorisée par une galerie et une promenade, qui sont le prolongement du parc dans le bâti même de l’Ecole des Mines et de l’Institut Jean Lamour.

La forme architecturale du projet est basée sur la notion de tissage. Sa genèse peut être décomposée en trois phases. Dans un premier temps, deux trames directionnelles sont mises en place sur le site. Celle de l’Ecole des Mines est issue du tissu urbain et celle de l’Institut Jean Lamour s’adapte aux contraintes naturelles du site. Suivant la direction de ces trames viennent se positionner les éléments de programme de chaque école, parallèles et directionnels.

Ces vecteurs programmatiques convergent et créent un entrelacement. Le point de rencontre des deux directions devient l’espace central du projet: l’espace ARTEM. C’est le moment où la galerie croise l’axe sud-nord du parc. Y sont regroupés les accès aux écoles, aux espaces d’exposition et aux espaces partagés. Enfin, des diagonales introduisent une complexité et des perturbations dans ce système linéaire. Elles représentent l’activité et sont les lieux d’échange et de diffusion d’énergies. Elles ont également un impact sur les façades, dans lesquelles elles créent des points de fragmentation.

Le bâtiment se compose de trois segments imbriqués sur quatre niveaux, auxquels s’ajoute un espace en sous-sol pour les laboratoires de l’Institut Jean Lamour. Les deux segments latéraux (Ecole des Mines côté place de Padoue,
Institut Jean Lamour côté place du marché d’Haussonville) convergent dans le troisième, central, dévolu aux espaces partagés. Largement ouverte au public, la galerie intérieure de l’Ecole des Mines accueille des commerces ainsi qu’un restaurant et une bibliothèque universitaires; une promenade, surélevée au niveau 1, permet de traverser l’Institut Jean Lamour sans interférer avec son fonctionnement.

Les façades du bâtiment se situent à ses deux extrémités, qui correspondent aux entrées du site. La forme unitaire dessine un coude, articulé par l’espace ARTEM. La densité du Les façades du bâtiment se situent à ses deux extrémités, qui correspondent aux entrées du site. La forme unitaire dessine un coude, articulé par l’espace ARTEM. La densité du bâtiment varie selon les niveaux et les segments. Sur l’ensemble du bâtiment, le niveau 2 est le plus dense; les espaces partagés se densifient progressivement dans les hauteurs, tandis que la dissymétrie entre les deux segments latéraux est accentuée au dernier étage. Ce jeu des densités résulte de l’usage d’une unité modulaire: un parallélépipède de 5 mètres de large, de longueur variable. L’échelle monumentale est ainsi nuancée et adaptée au parti pris d’ouverture qui caractérise l’ensemble du projet. Depuis le fond du parc au nord, ou des rues adjacentes au sud, le bâtiment présente un profil irrégulier qui correspond à la perméabilité des volumes intérieurs.

Fondée sur les idées de tissage et d’articulation, la logique du bâtiment est ouverte aux extensions prévues par le projet ARTEM. Sur le segment central pourra venir se connecter, dans l’axe nord-sud du site, l’équipement prévu pour l’ICN et l’IAE. L’ENSA, elle, pourra se diffuser en constellation dans le parc, en bordure de l’Ecole des Mines. Cela permettra de rejouer l’unité modulaire du bâtiment principal sur le mode de la dispersion. L’interpénétration des volumes du bâti et des intervalles de l’espace public sera alors étendue dans une échelle d’intimité induite par le module constructif.

FACTS

Herzog & de Meuron Team:
Partners: Jacques Herzog, Pierre de Meuron, Harry Gugger
Project Architect: Mia Hägg (Associate), Guillaume Delemazure (Associate)
Project Team: Nicolas Gromond, Anna Jach, Yuichi Kodai, Vladimir Pajkic, Zack Vourlas

Client:
Solorem - Société Lorraine d'Economie Mixte d'Aménagement Urbain

Planning:
Architect Planning: Herzog & de Meuron, Basel, Switzerland
Quantity Surveyor, Mechanical Engineering : Sirr Ingéniérie, Metz, France
Structural Engineering: WGG Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Basel, Switzerland
Landscape Design: WEST 8, Urban Design & Landscape Architecture BV, Rotterdam, The Netherlands

Specialist / Consulting:
Sustainability: Tribu, Héléne Michelson, Paris, France
Acoustics: Echologos, Livry-Louvercy, France
Renderings: Philipp Schaerer, Zurich, Switzerland